LE SUFFRAGE "...ni idiotes ni imbéciles."
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Le Suffrage
...Messieurs, nous refusons d'être classées avec ceux
à qui on a refusé le droit de vote. Nous ne sommes ni idiotes, ni imbéciles. Nous sommes des femmes, et nous demandons un traitement égal, non comme un
service, mais parce qu'il est juste que nous l'ayons.
--Zoe Haight (Herstory 1987), lors d'un discours à la
législature de la Saskatchewan pendant la présentation de la pétition sur le suffrage en 1916.
Les femmes canadiennes commencèrent à revendiquer le
droit de vote au cours du siècle dernier. Cependant, les premiers groupes de suffragettes dans les régions de l'est et des régions centrales du Canada avaient
souvent des noms qui "n'effrayaient pas les hommes." Les femmes de
Terre Neuve s'appelaient "le Salon de lecture pour dames et le Club des
affaires publiques" (Herstory 1996) tandis que les femmes
torontoises
fondaient "le Club littéraire des femmes de Toronto" en 1876.
Dans les prairies, plusieurs groupes de femmes étaient
engagés dans la lutte. La WCTU et les groupes de femmes
agricultrices tels que les Saskatchewan Women Grain Growers et les
Fermières Unies de l'Alberta ont joué un rôle majeur
dans le succès de la campagne au suffrage. Les fermières
avaient généralement l'appui
de leurs époux, ce qui explique pourquoi les femmes des trois
provinces des prairies eurent le droit de vote bien avant les femmes ailleurs au Canada. En Colombie Britannique, Helena
Gutteridge (Herstory 1986)
de Vancouver organisa des groupes pour des ouvrières qui se
réunissaient en soirée.
Partout, les femmes avaient à endurer bien des sottises des
hommes et même des femmes. En 1909, sept femmes notables de St-
Jean sont arrivées à la législature du Nouveau Brunswick pour revendiquer le projet
de loi sur le suffrage partiel qui était sous considération. Les législateurs accueillirent leur arrivée à grand cris de "Au secours!", "Police!" et "Sergent-d'arme!" suivi du tintement assourdissant de la sonnerie qui
annonce la mise aux voix.
Partout les femmes devaient supporter les commentaires de politiciens qui croyaient que les femmes n'étaient pas prêtes à voter, que les femmes ne voulaient pas le droit de vote et ainsi de suite. La réaction du Premier
ministre Roblin du Manitoba à une délégation de
suffragettes est typique de ce que les partisanes devaient entendre:
Est-ce que le droit de vote pour les femmes améliore la
situation à la maison?...Ma femme est strictement opposée au suffrage des femmes. J'ai du respect pour ma femme; plus que ça, je l'aime; je n'ai pas honte de le dire.
Est-ce que vous diriez qu'elle serait une meilleure épouse et une
meilleure mère si elle était capable de parler publiquement
de la
politique locale ou de celle du dominion? Je ne suis pas d'accord. La
mère qui est digne du nom et de la tendre affection
d'un brave homme a cent fois plus d'influence pour façonner l'opinion publique autour de sa table à dîner qu'elle en aurait sur la place publique, hurlant des phrases éloquentes à la multitude. C'est à la maison q
ue son influence s'exerce et se manifeste.
Les femmes de la Ligue pour l'égalité politique du Manitoba
répondirent par une brillante satire --"Le parlement des
femmes" (Herstory 1977).
La vraie cause derrière le mouvement du droit de vote
de la femme, c'est que les femmes se sont finalement rendu compte de ce
qui est absolument nécessaire pour voir du progrès, c'est
que nous aussi, les femmes, nous avons
toutes le droit de vivre et de dire comment nous allons vivre. (Lillian
Beynon Thomas)
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